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Savoir dire non, c’est se dire Oui

Se concentrer sur l’essentiel, c’est avant savoir dire non aux autres propositions. Comment dire non et pourquoi ?

Nous vivons une époque formidable. Le savoir n’a jamais été aussi simple d’accès. Rencontrer de nouvelles personnes est très simple. Et les technologies de l’information permettent de rester en contact avec qui que ce soit à peu près partout sur la planète. Mais à toute chose formidable, il y a des inconvénients. Les opportunités des moyens de communication ont créé l’infobésité et aujourd’hui toute news est une potentielle source de fake news. Les journalistes (sur Twitter et ailleurs) cherchent à sortir des “breaking news” tous les jours (si ce n’est toutes les heures). Nous sommes en permanence sollicités et entre les messageries instantanées, les emails, les SMS et autres formes rapides de communication qui appellent elle-mêmes des formes rapides de réponses, certaines personnes peuvent se sentir oppressées au bureau (ou ailleurs). 

En plus de cette abondance de sollicitations, cet écosystème suscite tout autant d’envies à l’individu lui-même. Réfréner notre désir de consulter nos emails et nos réseaux sociaux peut être délicat parfois. L’acronyme FOMO a été inventé pour donner un nom à ce phénomène : Fear of Missing Out

Enfin, la tentation de se lancer dans un nouveau projet peut être assez forte. Lancer un blog ou une nouvelle activité, développer ses connaissances sur un sujet, nombreuses sont les personnes qui se lancent dans 1000 projets car se lancer dans un projet est aisé… mais peu les finissent. Et je sais de quoi je parle sur ce dernier point. 

Face à ce déluge de propositions qui occupent notre vie, c’est autant de barrières qui nous empêchent d’accomplir ce que nous voulons vraiment faire. Et pourtant dire non, c’est la première étape pour s’accomplir, car dire non, c’est savoir se dire oui.

Pour savoir dire non à quelque chose, il faut savoir pourquoi on veut dire oui

Dire oui à la personne que l’on souhaite devenir

Ne pas dire non, c’est se diluer. Choisir, c’est renoncer. Mais renoncer à quoi ? Votre journée ne fait que 24 heures. Posez-vous cette question lorsqu’une personne vous propose un projet : ce projet sera-t-il un atout pour la personne que je souhaite devenir ? Si la réponse est non, alors vous connaissez déjà la réponse à donner à ce projet.

Bien évidemment, avant de dire non, cela suppose que vous savez ce que vous voulez pour votre vie. Notre difficulté à dire non repose (souvent) sur ce constat : on ne sait pas ce que l’on veut. Alors dans le doute, on se dit que lancer plusieurs bouteilles à la mer nous donnera plus de chance de réussir. En management, je pose toujours cette question en entretien annuel ou en entretien one to one : “quel est le coup d’après ? dans 1 an, 2 ans, que comptes-tu faire ?” Si vous ne savez pas répondre, arrêter de répondre oui ou non à qui que ce soit et surtout à vous même. 

Posez-vous tranquillement et commencez à écrire sur un papier ce que vous voulez pour vous dans la vie. Quel est le portrait idéal de la personne, de la vie et du job que vous voudriez faire dans 1 an, 5 ans, 10 ans. Si vous arrivez pas à répondre, alors posez-vous la question en sens inverse : qu’est-ce que vous ne voulez pas ou plus ? Si votre idéal de vie est de pouvoir profiter de la vie, partir en week-end régulièrement et profiter de vos enfants tous les soirs, il ne sera pas aisé de faire correspondre cette vie en étant manager cadre dans une grande société. Si vous souhaitez devenir membre du comité exécutif d’une grande société, il est peu probable que vous puissiez avoir le temps de lire 100 livres par an de philo (ou alors ce sera aux dépens d’autre chose).

Dire non aux autres, c’est se concentrer sur soi même

Quand je dis cela, ce n’est pas de refuser l’altérité. C’est simplement que la vie est pleine de sollicitations qui sont toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Le plus important est de savoir suivre celle que l’on veut et que l’on veut vraiment pour nous. Ce n’est pas refuser l’autre, c’est juste contextualiser ses envies et les faire synchroniser avec le monde extérieur. 

Récemment, un ami m’a proposé de s’associer avec lui pour se lancer dans un projet. Je l’apprécie, j’apprécie de travailler avec lui et l’idée était connexe à l’une de mes activités. Mais voilà, elle ne constituait pas un moyen d’arriver à l’un de mes objectifs. Je lui ai expliqué mes objectifs et les raisons pour lesquelles je ne souhaitais pas donner suite.

Faire le point sur ses propres intérêts et être au clair sur ce que l’on veut ou pas vous permet de :

  • Refuser les projets ou les sollicitations qui ne concordent pas avec le futur vous même.
  • Expliquer pourquoi on ne donne pas suite. Bien sûr si vous dites non de manière froide et non raisonnée, cela peut être vexant. Mais étant le champion du monde du non, je peux vous dire que personne ne s’est jamais offusqué quand j’explique simplement pourquoi, je ne peux ou veux pas faire telle ou telle chose.

Savoir se dire non à soi même

Si je suis le champion du monde du non aux autres, je suis moins fort pour être capable de me dire non. Car je suis aussi le champion du monde des projets persos. C’est une de mes bonnes résolutions de cette année. En faire moins mais mieux. Ce blog est maintenu de manière intermittente. Car je veux faire trop de choses et je veux lancer trop de projets. Cette année, je ne garde que deux projets extra professionnels (pour moi c’est une performance). 

Savoir dire non, c’est savoir s’empêcher de faire les mauvais choix et de prendre les bonnes décisions. Comme dit l’adage “l’enfer est pavé de bonnes intentions.” Il en va de même pour vos habitudes et de vos routines. En même temps que j’écris cet article, deux nouveaux projets me sont venus à l’esprits. Cela a eu deux effets négatifs : 

  • Sur le court terme, cela m’a dévié de mon objectif d’écrire cet article et j’ai donc perdu du focus.
  • Sur le long terme, si je suivais ces deux projets, ils m’enlèveraient du temps sur mes deux projets prioritaires. Et donc, après mûres réflexions, j’ai décidé qu’ils n’étaient pas mes priorités pour 2020. 

De la même manière que la tentation de regarder son téléphone ou les réseaux sociaux, est-ce une bonne manière de se dire oui ? Est-ce que 30 minutes d’Instagram ou de Pinterest vont vous aider à devenir la personne que vous voulez devenir ? 

Pourquoi est-il si difficile de savoir dire non ?

Pour certains, dire non aux autres est simple. Pour d’autres, c’est à soi même qu’il est aisé de dire non. Mais toujours est-il que cela reste souvent une vraie difficulté pour chacun. Pourquoi ? 

  • On privilégie toujours le court terme même si celui-ci va à l’opposé du long terme. Et parfois, se détendre, regarder Netflix ou jouer à un jeu sur son téléphone est plus sympa et distrayant que de lire un livre de philo ou de se mettre à jouer du piano ou d’apprendre l’espagnol. Pourtant, pratiquer un peu de ces activités vous aidera sur le long terme. Posez-vous la question de ce que vous pourriez faire si vous arrêtiez de faire du téléphone ne serait-ce que 30 minutes par jour ? Si vous lisez 30 minutes par jour, vous lirez l’équivalent de 30 livres par an ! La même logique peut être appliquée à toute chose : au sport, à la musique, … 
  • Nous avons du mal à dire non aux autres car nous avons peur de manquer des choses. Mais quelles choses ? Il se passe tous les jours des milliers d’événements tout aussi attrayants. Je lis souvent cette phrase dans les commentaires “The Place to Be” pour parler d’un lieu. Il me semble que dans cette phrase, le mot important est “To Be”. Oui mais être quoi ? A titre personnel, je ne suis pas un grand amateur de musique et de mode. Pour moi, être à Coachella, même si l’événement est hyper intéressant à bien des égards, me semble moins important que d’autres choses. Et ce n’est pas un jugement de valeur. Oui, je ne serai pas à Coachella ou à Burning Man cette année, ni la suivante. Car j’ai choisi de ne pas me diluer.
  • Une autre raison pour laquelle nous avons du mal à dire non se situe aussi dans notre peur et notre manque de confiance. Comme je le disais plus haut, le manque de confiance est le fruit de notre propre errement. Nous sommes des bateaux sans direction et nous nous laissons porter par les vagues. De ce fait, nous sommes en crainte de l’autre car nous n’avons pas confiance. Mais faites le test, prenez une décision de vie qui vous correspond. Chaque fois que l’on vous proposera une autre chose, dites non simplement en l’expliquant. Vous verrez l’impact positif que cela provoquera sur les personnes à qui vous venez de dire non. 

Comment savoir dire non ?

Ne laissez pas de portes ouvertes à des futurs oui !

Pour reprendre l’exemple de mon ami qui m’a proposé de collaborer avec lui sur un projet, je lui ai fait comprendre directement (mais sympathiquement) que ce projet que bien qu’il soit intéressant, ne correspondait pas au plan que je m’étais fixé. Tout de suite, il a compris avec ma prise de position franche et ferme que je ne changerai pas d’avis et qu’elle était mûrement réfléchie. Malgré ce que certains peuvent vous conseiller, ne restez pas dans le flou. Je pense qu’il n’y a rien de plus déceptif que de laisser la personne en suspens. Si votre non peut être interprété comme un peut-être, alors il est fort probable que la personne revienne à la charge. 

Prenez le temps d’expliquer les raisons de votre refus

J’ai lu sur de nombreux articles qu’il est déconseillé de se justifier. Je pense que c’est le contraire. Il n’y a rien de plus frustrant que les personnes qui ne vous répondent pas ou qui répondent juste non. Bien que certains “non” francs et fermes sont une bonne nouvelle à bien des égards, avoir un feedback et donner de la perspective à votre décision peut aussi aider l’autre à comprendre, voire vous faire une autre proposition. Toujours avec l’exemple précédent de mon ami, en quelques secondes, je lui ai expliqué mon plan à 5 ans, mes projets en cours, ou à venir, et mon organisation de vie. Étant intelligent, il a tout de suite compris que bien que le projet était alléchant, il ne pouvait pas s’insérer dans mes buts de vie. Cela a eu plusieurs conséquences, nous n’avons pas eu à en discuter de nouveau et notre relation n’a été nullement affectée par mon refus. 

Ayez une organisation de vie à laquelle vous ne dérogez pas

Comme je l’écris souvent dans ces pages, je ne regarde jamais mes emails et je ne fais jamais de réunion le matin. Je ne réponds pas au téléphone ou aux messages. Le matin est un moment privilégié pour moi de deepwork dans lequel je me concentre sur les tâches de fond que je dois réaliser. Lorsque quelqu’un me propose de m’appeler ou de me voir pendant cette période, ma réponse est invariablement la même. Dans 99,99% des cas, les personnes comprennent lorsque je leur explique. 

Avoir des règles de vie et d’organisation m’aident beaucoup dans de nombreux choix que j’ai à faire au quotidien. Cela m’aide à rester en contrôle de mon timing et de ce que je dois faire. 

Ne donnez pas des justifications bidons ! 

Désolé pour ce titre un peu racoleur et pas très sympathique. Mais j’entends régulièrement des personnes qui donnent des arguments à “coucher dehors” car ils n’ont pas le courage d’admettre qu’ils ont d’autres envies ou d’autres priorités. A titre personnel, lorsque l’on me fait ce genre de retour, je me sens plus vexé que lorsque l’on me répond simplement et sympathiquement que l’on a d’autres envies. Admettre simplement que l’on a d’autres priorités n’est pas la fin du monde. Bien évidemment, si s’agit d’une demande en mariage, c’est plus complexe mais même là, les arguments de mauvaise foi sont difficilement audibles. Il y a quelques années, j’ai été témoin de cette scène. Un ami voulait emménager avec sa petite amie de longue date. Cette dernière refuse au titre que lui n’était pas favorable à la télévision dans leur foyer alors qu’au fond, le problème de fond était une peur de l’engagement. Plutôt que d’essayer d’en parler et d’avoir une discussion constructive, ils en sont restés à cette situation. Alors qu’un Non franc et ferme justifié aurait permis de construire; ils sont restés dans une situation délétère qui a eu pour destination finale une séparation. 

Proposez des alternatives … en tout dernier recours

Nous l’avons déjà beaucoup vu précédemment, dire non, c’est savoir dire oui à soi même et à ses projets. Si toutefois, la proposition que l’on vous fait ne rentre pas dans vos plans dans l’immédiat (pas en accord avec votre organisation ou votre timing), vous pouvez essayer d’envisager des alternatives. Un autre moment, un autre lieu, une autre manière, c’est à vous et à vos projets de prendre la main sur ce qui va vous arriver demain !