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Savoir réussir ses échecs

Un journaliste interroge Warren Buffet : “Comment faites-vous pour toujours réussir vos investissements ?”. Buffet répond laconiquement “Grâce à l’apprentissage.” Le journaliste lui demande en retour : “Comment faites-vous pour acquérir cet apprentissage qui vous permet de réussir tous vos investissements ? ” Il répond de nouveau laconiquement : “Grâce à mes échecs.”

Dans la vie, on ne réussit pas tout. Les personnalités politiques, défilant sur les plateaux de télévision lors des soirées électorales, sont promptes à fustiger les résultats des autres. Mais reconnaissent rarement leurs propres résultats parfois désastreux. Lors des précédentes élections européennes, le comble aura été atteint lorsqu’un parti a rendu responsable le chef de l’état pour leur échec. Comme si cela était le travail d’un président que de faire en sorte qu’un autre parti que le sien réussisse ses élections. Lorsque l’on regarde le parcours d’une personne à succès, on n’en retient que les réussites et assez peu les défaites. Pourtant, en le regardant de plus près, le succès apparent n’est pas un long fleuve tranquille. On apprend souvent plus sur un échec que sur un réussite.

Il existe une théorie au poker que l’on appelle “EV+ : Expected value positive”. Qu’importe le résultat du coup, l’important est de le jouer de manière optimale. Si vous jouez un coup avec 80% de chance de gagner, vous serez gagnant sur du long terme (c’est à dire que statistiquement, si vous jouez le coup 5 fois, vous gagnez 4 fois sur 5). Vous pouvez mal jouer un coup et gagner. Vous pouvez bien jouer un coup et perdre. L’important repose sur le fait que vous apprenez à jouer de manière optimale pour gagner sur le long terme. C’est une partie du secret des grands joueurs de poker. Vous perdrez sur le moment par malchance, même en ayant bien joué, mais sur le long terme, vous gagnerez.

Notre vie repose sur une succession d’événements, souvent indépendants les uns des autres. Et au centre de ces événements, il y a nous. Qu’importe que vous perdiez ou gagniez, l’important est d’apprendre. C’est de rebondir d’événements en événements pour être plus fort. Alors comment réussir ses échecs ?

Comment réussir ses échecs ?

La première pierre : Reconnaître ses échecs

Il y a peu, j’ai introduit un consultant pour une mission chez l’un de mes clients. Ce fut un échec total. L’issue de la mission était prévisible. C’était un test sur un domaine à risque. Le client en avait conscience et avait accepté le risque. Il était même volontaire et moteur de ce test. Mais voilà, arrivé à la moitié du test, tandis que les résultats n’étaient pas là, on aurait pu imaginer que le consultant mette en oeuvre des moyens de communication et de diplomatie pour essayer de relancer une dynamique sur la deuxième partie du test. Donner de la perspective. Faire de nouvelles propositions. Mettre en avant des choses pertinentes apprises. Mais non, c’était le vide. Aucune proposition, aucune prise de recul, aucune analyse de la situation. Pour lui, il fallait laisser aller les choses sans rien faire et aller au bout de la mission.

Face à ce vide, en accord avec le client, nous avons arrêté le test. Pour le consultant, c’était injuste et inacceptable. Il n’a jamais compris que ce que nous lui reprochions : ce n’était pas de s’être trompé (je le répète, c’était attendu), c’était de ne pas en tirer de conséquence. Je ne suis pas sûr qu’il ait encore compris pourquoi nous avons choisi d’arrêter. Ce n’était pas son savoir faire (nous connaissions les risques et nous savions que cela était une nouvelle discipline très complexe) mais son savoir être. A votre avis, lorsque sa prochaine mission va prendre une

Issue favorable, est-ce que ce consultant saura faire preuve de plus de clairvoyance ? J’en doute.

Comme nos politiques dont je parlais dans l’introduction, avoir le courage de reconnaître que l’on s’est trompé, c’est déjà faire une partie du chemin. Comment un groupe politique peut faire une analyse froide et réaliste de son échec quand ses dirigeants claironnent en choeur sur tous les plateaux que ce n’est pas un échec et que c’est la faute des autres. Si j’étais militant, cela ne m’encourageait pas à l’introspection et à la prise de recul. C’est une question de modèle mental. Pour ne pas nous accabler, notre cerveau se construit une histoire dans laquelle nous projetons beaucoup de (res)sentiments sur des groupes de personnes afin de nous déculpabiliser. Nous cherchons des excuses et des circonstances atténuantes pour nous donner des raisons de ne pas nous remettre en question.

Le premier grand enjeu est d’être capable de reconnaître que nous sommes, au moins, en partie responsable, de nos échecs. L’objectif n’est pas de s’admonester pendant des heures mais simplement d’accepter de dire : “Oui, c’est un échec. Et je dois faire le point sur les causes objectives de cet insuccès”. Admettre ses échecs, c’est être fort et courageux.

La deuxième pierre : Ne pas personnaliser cet échec

Comme nous l’avons dit précédemment, nous ne sommes pas nos échecs. Toutefois, lorsque cela vous arrive, il est parfois difficile d’encaisser le coup sans se lamenter quelques instants. Si cela vous arrive, acceptez-le simplement. Nous sommes des êtres humains. Se dire face à un échec, je ne suis pas responsable, c’est presque mission impossible. Néanmoins, passer les premières heures ou les premiers jours (en fonction de la taille de l’échec), ne faites pas une personnalisation de cet échec.

  • Ni sur vous. Quoi qu’il soit arrivé, quoi que vous ayiez fait (à moins que cela soit un crime ou un délit), personne n’est parfait. Et surtout vous n’êtes pas votre échec. C’est un événement du passé qui n’a pas d’impact sur le présent. Et vous devez choisir de vivre au présent. Non dans le futur (quand je serai quelque chose ou j’aurai quelque chose). Ni dans le passé (si j’avais quelque chose ou j’étais cela).
  • Ni sur les autres. Dans un monde idéal, tout se passe bien. Mais le monde idéal n’existe pas et surtout si nous devions être entouré que de gens parfaits, nous serions seuls. Avoir des échecs à cause d’autrui, c’est agaçant mais ne somatisez pas contre eux non plus. 1) c’est toujours facile quand cela n’est pas soi 2) si la personne n’est pas compétente ou n’a pas le savoir faire, vous aviez à le savoir pour mieux l’accompagner et prévenir ces échecs. 3) Ce que l’autre n’a pas réussi, vous saurez mieux l’anticiper la prochaine fois. Ne vous posez pas en victime, cherchez à comprendre ce que vous auriez pu faire pour améliorer la situation. (Pour reprendre mon exemple précédent du consultant chez mon client, je serai plus vigilant à mettre des points d’étapes avec des attendus plus clairs).

La troisième pierre : Prendre du recul

Aussi étrange et contre intuitif que cela puisse paraître, laissez l’échec de côté quelque temps. Pour prendre une image comparative un peu approximative. Un ami vient de se séparer brutalement contre son gré de sa fiancée. Il est probable que les premiers mois, le coeur blessé, il ait du mal à voir clair et avoir un jugement objectif sur ce qui s’est passé. Bien évidemment, tous les échecs ne sont pas aussi douloureux et il est plus facile de passer certains caps. Tout échec vous affecte. Il laisse une trace et il est préférable de tourner la page, et d’y revenir quelques temps après.

On le sait le coeur et le cerveau ne font pas bon ménage. Donc laissez le temps au coeur (ou à votre ego) de soigner les blessures. A titre personnel, j’ai mis plusieurs mois à surmonter certains échecs. Lorsque vous serez capable de regarder avec distance la situation, sans ombre ni ressentiment, ce sera le bon moment de faire le point.

La quatrième pierre : Faites le constat simple et lucide de votre échec

Posez-vous la question : Est-ce que j’aurai pu agir autrement ? Est-ce qu’une connaissance ou une compétence m’ont manqué à ce moment ? Est-ce qu’une chose m’a manqué ? Faites l’analyse froide de ce qui était ou aurait pu être en votre pouvoir pour changer le cours des choses. Une fois que vous avez identifié les points d’améliorations, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : Améliorez-les !

Il vous manquait une qualité de savoir être dans la gestion de votre projet ? Trouvez quelqu’un qui vous aidera à vous améliorer sur ce point. Il vous manquait une compétence ? Vous avez du temps avant la prochaine opportunité pour progresser. Internet est une richesse et un océan d’opportunités pour ceux qui veulent savoir (sans compter la bibliothèque à côté de chez vous). Il vous manquait des ressources matérielles ? Qu’est-il en votre pouvoir désormais pour les acquérir ? N’hésitez pas à demander du feed-back à votre entourage. Comme je le disais précédemment, il est plus facile d’être jugé par les autres que par soi même.

La cinquième pierre : Les échecs d’hier doivent rester dans le passé

“C’était le boulot de mes rêves” ou bien “c’était une opportunité en or” sont des phrases que j’entend parfois. Nous vivons une époque incroyable où il n’y a jamais eu autant d’opportunités de faire des choses aussi variées et de pouvoir vivre plusieurs vies. Ne vivez pas dans le regret. Aucune opportunité n’est unique. La vie regorge de très nombreuses surprises et la chance appartient à ceux qui la provoquent. La chance, c’est la rencontre de l’opportunité et de la préparation. Vous avez eu une (belle) opportunité. Cela n’a pas fonctionné. Une autre arrivera demain (ou mieux encore, vous allez la provoquer). Et cette fois-ci, fort de votre apprentissage, vous serez plus à même de saisir cette opportunité et de la transformer en réussite.

Réussir un échec, c’est personnaliser la réussite de demain

N’oubliez pas : les gens ne sont pas dans votre tête. Ils n’entendent pas vos pensées mais constatent vos actions. Vous pouvez avoir les meilleurs intentions du monde, si vos actions ne sont pas en accord avec celles-ci, votre entourage ne retiendra que vos actions. Vous pouvez vous présenter de deux manières.

Soit en étant une personne qui a eu des échecs. Soit en étant une personne qui est prêt à affronter de nouveaux challenges et qui est plus forte de ses expériences passées.

La phase d’acceptation et de compréhension ne doit pas durer toute votre vie. Ce qui est grave dans la vie, ce n’est pas de se tromper mais de répéter plusieurs fois les mêmes erreurs et de ne pas apprendre de ses erreurs passées. Alors prenez votre temps, réfléchissez à ce que vous pourriez faire et partez à la conquête du monde !

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