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Le loto ou la théorie des objectifs

Il y a quelques jours, je déjeunais avec un ami. Comme moi, il a une agence de consulting. Mais l’humeur était morose. Il devait fusionner son entreprise avec une autre. Il y avait une vraie complémentarité à leurs deux activités. Elles travaillent souvent ensemble. Enfin, les deux dirigeants s’entendent très bien (ils partent en vacances ensemble). L’intérêt professionnel à leur association était réel. Tout semblait parfait dans le meilleur des mondes. Sauf que voilà, celle-ci ne s’est pas faite au dernier moment.

Quand j’ai cherché à comprendre, il est parti dans de grandes explications. Des problèmes juridiques. Des points financiers. Principalement, des questions d’ordre technique qui peuvent toujours trouver une solution. Mais il a simplement conclu “Les conditions n’étaient pas réunies.”. C’est alors que je lui ai parlé du loto et de la théorie des objectifs. Il a été surpris, mais comme il lit mes articles, il savait ce qui allait suivre.

Seuls les gagnants ont tenté leur chance !

Quand vous demandez pourquoi les gens jouent au loto, vous avez toujours la même réponse. Pour gagner le gros lot. Et souvent, cela s’accompagne d’une vision rêvée où ils sont pleins aux as.

Pour être honnête, c’est une question que j’aime bien. “Qu’est-ce que tu ferais si tu gagnais au loto ?”. La réponse est assez souvent la même. “J’arrête de bosser.” Puis souvent, je demande en complément “Tu feras quoi alors ?”. Souvent cette question reste sans réponse. Ou bien, j’ai une réponse du type “Je verrai bien, j’aurai du temps.”

Car la réalité est tout autre pour les joueurs de loto. Derrière l’envie du gain, c’est surtout l’envie d’une nouvelle vie à laquelle les personnes aspirent. La plupart des gens qui jouent au loto ne se sent pas plus heureuse après. (lire ici A Classic Psychology Study on Why Winning the Lottery Won’t Make You Happier). Pour certains, c’est même un désastre.

Pierre Rabhi

Pour paraphraser Pierre Rabhi, avec le loto, on dépense son argent pour gagner de la richesse. Il vaudrait mieux dépenser son argent à essayer de produire quelque chose. Quelque chose qui pourrait rapporter de l’argent. Quelque chose qui pourrait nous remplir intérieurement. Peut-être à défaut de remplir nos poches. Si j’en crois l’article cité plus haut, la vraie richesse ne réside pas dans les poches.

Mais voilà, pour beaucoup, on préfère s’en remettre à l’aléatoire. Même si le hasard fonctionne souvent moins bien que le programmable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Française des jeux ne laisse pas de hasard dans ses futurs résultats financiers. Tous les jeux sont étudiés pour atteindre de haut niveau de rentabilité.

“Qu’est-ce que tu veux vraiment ?”

Un de mes films de chevet (de jeunesse) est Swimming with Sharks de Wayne Wang avec Kevin Spacey. Après avoir été torturé pendant plusieurs heures, le personnage de Kevin Spacey pose une question à son tortionnaire. “Qu’est-ce que tu veux vraiment ?”. Car au fond, le tortionnaire ignore les vraies raisons de ses actes.

C’est une question que l’on retrouve de manière récurrente et qui reste sans réponse. Souvent on cherche des réponses à des questions que nous ne voulons pas nous poser. Plutôt que de jouer au loto, peut-être faudrait-il se poser pour réfléchir à ce que l’on veut faire de sa vie. Quel est son objectif ?

Combien de personnes autour de nous (et même nous parfois), vivent dans un attentisme ? Autour de soi, de nombreuses personnes aspirent à d’autres vies. Personnelles. Professionnelles. Combien sautent le pas ? Combien se donnent vraiment la possibilité de changer ? Ne serait-ce qu’entamer la réflexion pour y parvenir ?

Alors, on attend.

On attend une réponse, un événement qui tomberait par magie dans notre bras. Sauf que voilà, cela ne tombe que rarement. Et souvent, cela tombe dans les bras des autres et on se dit “Il a de la chance”. Comme les gagnants du loto. Ou on comble cette attente avec des actions dont la conséquence ne sera pas être l’objet de notre désir.

Alors, face à un blocage, on se voile la face en soulevant des problèmes qui n’en sont pas. On cherche à retarder le moment où l’on va devoir faire quelque chose de pénible. Car oui, évoluer et faire des changements de sa vie, c’est compliqué et difficile. Cela demande de sortir de sa zone de confort.

Pourquoi la fusion de mon ami a foiré ? Parce que trouver une forme juridique était un choix complexe et que cela coutait cher en avocat ? Certainement, mais ce n’est pas la réponse.

Quel était l’objectif personnel des deux fondateurs pour cette fusion ? Être le boss d’une entreprise encore plus grande. Chacun voulait être calife. Mais deux califes dans un royaume, il y en a un de trop. La fusion reposait sur un vrai projet business qui avait du sens. Mais les objectifs premiers ne sont pas forcément les plus rationnels. D’où l’absence de conditions pour faire la fusion. Si leurs vrais objectifs avaient été de faire grandir l’entreprise, ils auraient trouvé des solutions.

Ayant terminé, l’humeur était encore plus morose. Même si mon ami refusait de l’admettre, par son corps et son attitude, il me donnait raison. Il allait essayer de reconsidérer la fusion. Puis, nous avons commencé à échanger sur les points sur lesquels il pouvait céder ou non. Il ne savait pas trop quel critère choisir comme étant le bon. Et surtout savoir si ce dernier était atteignable. Et surtout quel est le bon degré à partir du duquel, on se dit que c’est ok. Mais je lui ai dit que c’était une autre théorie.

A suivre : Le disque d’or ou la théorie des attentes.

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